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Les bras d'une mère sont la meilleure protection face au monde mais aussi la plus rassurante • Jennyfer

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I'm radioactive

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MessageSujet: Les bras d'une mère sont la meilleure protection face au monde mais aussi la plus rassurante • Jennyfer Mar 23 Sep - 13:55

Jennyfer ∞ Iris
De Gilbert Sinoué - Les êtres humains possèdent d'extraordinaires ressources. On les pourchasse, les bâillonne, les torture, ils réussissent quand même à résister.


Tout aurait dû bien se dérouler. La mission était pourtant simple. Cinq jours. Une ville. Un rendez-vous. Profiter du restant du séjour. Tout était simple, peut-être un peu trop simple ? Ils avaient de bonnes couvertures, Logan était le capitaine Alden Weiss alors qu’elle était le capitaine Brooke Rosenberg. Ils avaient un seul et unique rendez-vous avec la milice colombienne où ils devaient leur livrer les codes pour les armes NBC pour innocenter le marin tué. Enfin des codes … c’était surtout des chiffres tapés comme ça au hasard. On n’aurait jamais donné des codes à deux simples agents fédéraux. Si elle avait su … oh ! si elle avait su elle aurait refusé cette fichue mission. Leur plan était tellement loin d’être parfait, ils avaient pu voir les failles trop tard. Si elle avait su elle aurait fait en sorte que personne ne soit envoyé en Colombie. Si elle avait su … c’était sa première mission sous couverture et elle s’était complètement plantée et avait subi cette erreur pendant les longs jours qui avaient succédés leur enlèvement. Qu’est-ce qui avait fait qu’ils s’étaient tous les deux retrouvés à se faire torturer dans la forêt colombienne ? Qu’est-ce qui avait planté ? Ils avaient tous les deux su jouer à la perfection leurs rôles, leurs couvertures. Le rendez-vous le lendemain soir de leur arrivée à Cartagena s’était très bien passé malgré la tension qui avait été palpable. En même temps, ils avaient été entourés d’hommes armés avec une impossibilité de s’échapper si ça tournait mal. Et pourtant le rendez-vous s’était bien passé. Rien n’aurait pu prévoir que ça tournerait aussi mal. Jusqu’au dernier moment tout le monde avait cru que tout se passait comme prévu et que les deux agents spéciaux rentreraient en temps et en heure à Washington avec la milice arrêtée, démantelée. Tout le monde avait cru … et tout le monde s’était trompé …

Elle avait été optimiste, il avait eu un mauvais pressentiment. C’était sa première mission et pour Logan c’était loin de l’être. L’optimisme de la première mission ? Croire que tout se passerait bien … naïveté ? Oui peut-être, sûrement. La soirée après le rendez-vous s’était bien passé. Ils étaient allés boire un verre à une terrasse dans le coin où ils avaient remarqué qu’il y avait un festival. Puis ils étaient allés dîner au restaurant, autant en profiter à fond hein ? Après cela ils étaient allés se coucher. Le lendemain ils avaient joué leurs rôles à la perfection, devant être des touristes alors autant s’y mettre à fond. Le matin ils avaient visités le palais Consistorial pour enchaîner dans l’après-midi le château de San Felipe. Elle qui n’était jamais sortie des Etats-Unis avait eu le plaisir de visiter la ville dans laquelle elle était en mission sous couverture, le soir ils étaient allés dîner sur la plage et avaient eu la chance de voir un feu d’artifice. Comment bien finir la journée hein ? Le lendemain matin ils avaient visité le musée de la marine, la chaleur était déjà pesante, un orage n’allait pas tarder à pointer son nez. Elle avait toujours détesté ça ! En ayant même peur, mais elle s’était bien gardée de le dire à son collègue. Dans l’après-midi ils avaient enchaîné sur le musée de l’or et quand ils en étaient sortis ils étaient allés dans un restaurant. Une sorte de train-train semblait s’être installé. Le ciel se noircissait à vue d’œil, quand ils étaient sortis du taxi qu’ils avaient pris, il pleuvait déjà. Elle passa en premier sous la douche, l’orage était fort, les coups de tonnerre s’enchaînaient. Elle ne tarda pas à rejoindre son lit, pourtant le sommeil lui vint bien des heures après.

La journée d’après était leur dernière journée à Cartagena, le lendemain ils devaient normalement repartir pour les Etats-Unis. Normalement … ils étaient partis tôt en direction du port, avaient pris leurs petit-déjeuner et avaient réussi à trouver un bateau qui avait bien voulu d’eux pour la journée. Iris pouvait bien dire que c’était la meilleure journée qu’elle avait passée depuis son arrivée dans la ville colombienne. Ils avaient nagé dans les eaux caribéennes, les fonds marins étaient magnifiques, les poissons aussi. Quand ils étaient remontés ils avaient apprécié manger les poissons pêchés par l’équipage et grillés. Pour digérer tout ça, quoi de mieux que de bronzer ? Elle avait donc pu prendre quelques couleurs durant l’après-midi tout en allant de temps en temps à l’eau quand elle avait trop chaud. Le paradis ! L’eau à perte de vue, le calme ambiant, juste le bruit des vagues se fracassant contre la coque du bateau, le soleil haut dans le ciel. Elle aurait souhaité y rester éternellement. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et ils avaient dû repartir en direction du port. Bah, au moins elle avait gardé d’excellents souvenirs de ce dernier jour. Une fois arrivés, les deux agents sous couverture étaient allés dîner dans un restaurant, toujours aussi bon. Leur dernier repas en tant que personnes libres … et dire que la mission s’était déroulée à merveille jusque-là. Une fois le dîner finit, ils étaient rentrés à l’hôtel.

Leur dernière nuit en Colombie, enfin c’est ce qu’ils pensaient … elle était passée en premier à la douche alors que lui faisait sa valise. Quand elle en était sortie il avait pris le relai dans la salle de bain alors qu’elle s’occupait à son tour de faire sa propre valise. Elle était si contente de rentrer chez elle, de revoir son enfant et ses proches. Alors qu’elle s’occupait de ranger ses affaires elle avait senti une odeur suspecte, une odeur de chloroforme. Elle avait voulu ouvrir la fenêtre pour y faire rentrer de l’air mais elle avait à peine fait deux pas qu’elle avait senti ses jambes plier sous son poids et sa vue se brouiller. Quelques secondes plus tard elle était étendue, inconsciente, sur le sol de leur chambre d’hôtel. Logan n’avait pas tardé à la rejoindre dans les limbes. Des miliciens n’avaient pas tardés à rentrer et à les transporter jusqu’à leur voiture. Bien sûr, le concierge avait dû être payé ou peut-être était-il lui aussi un milicien ? Peut-être avait-il reçu des menaces ? Elle ne le saurait probablement jamais. Le temps avait défilé alors qu’ils étaient inconscients. On les avait transportés jusque dans la forêt colombienne, jusque dans le camp de la milice. Comment pourrait-on les retrouver dans une forêt tellement étendue ? Ce n’était que le début de l’enfer qu’ils allaient vivre.

Iris s’était réveillée, attachée à une chaise, les poignets liés derrière son dos. Son tortionnaire l’avait réveillée à l’aide d’un seau d’eau. Technique radicale pour réveiller quelqu’un. Et là, tout avait commencé. Ne pensez pas qu’elle dirait tout comme ça ! Elle avait résisté, préférant garder le silence que de répondre à cet homme qui se faisait passer pour un soi-disant ami. Il lui avait balancé des mensonges à la pelle. En veux-tu en voilà ! Elle avait tenté de se défendre, elle avait attaqué, elle avait résisté, elle s’était faite frapper, au moins elle ne s’était pas laissée faire même si elle en avait payé les frais. Elle avait eu mal partout. Mais ça lui était déjà arrivé, elle avait déjà reçu tant de coups auparavant que celà ne lui faisait ni chaud ni froid. Et ce n’était que les prémices de ce qui l’attendait ! Si elle avait su … si tout le monde avait su ! Son geôlier, son tortionnaire s’appelait Francesco, il avait tenté de se faire passer pour un ami, se voulant être un allié pour elle et non un ennemi. Voulant soi-disant l’aider. Mais elle savait bien que si elle avait eu les codes et qu’elle les lui avait donnés, ils auraient vérifié puis une fois fait, elle aurait été exécutée sans plus de cérémonie. Les séances de tortures étaient filmées. Toutes étaient filmées et à la fin les vidéos étaient envoyées au NCIS. Elle avait appris dès le début que d’ici trois semaines si les codes ne leur étaient pas donnés on les exécuterait. Trois semaines ça pouvait être long comme ça pouvait passer rapidement. Ça dépendait de comment le temps défilerait. Avez-vous déjà remarqué à quel point le temps peut passer vite quand on « s’amuse » mais quand on s’ennuie, le temps s’étend et passe à une lenteur qui fait passer une minute pour une heure.

Et puis, rester le cul sur une chaise à longueur de journée, ne pouvant pas vraiment bouger, ça ankylosait, ça faisait mal. Il y avait aussi la nourriture et l’eau. Trois repas par jour, là c’était un seul repas et encore ! Elle n’en avait pas eu le premier jour au vu de sa résistance. L’affaiblir, la faire tomber plus bas que terre, la faire à en venir à supplier son tortionnaire, la réduire à ne plus être ce qu’elle était, être détruite, ne plus avoir aucun espoir, ne plus s’accrocher à la vie, se dire qu’on nous a abandonné, tout ça pour en venir à donner des fichus codes qu’évidemment elle n’avait pas. Se recevoir tous ces coups pour rien. Ça puait à des kilomètres que cette mission sous couverture était foireuse mais tout le monde semblait avoir sniffé du parfum pour chiottes pour se voiler la face et envoyer dans la gueule du loup deux agents. C’était sa première mission sous couverture, ça ne donnait vraiment pas envie d’y retourner. Ça ne s’était pas dégradé tout de suite ! Elle avait surtout reçu des coups, il avait fumé près d’elle, il avait bu et mangé devant elle. Elle avait soif, elle avait faim. Elle était en état de privation mais elle résistait même si sans eau ni nourriture son énergie faiblissait, son mental restait de fer. Elle avait déjà subi la faim et la soif quand elle était plus jeune, elle avait déjà subi ce genre d’épreuve que la vie peut vous infliger quand elle n’était pas encore une adulte. Alors ce qu’elle faisait c’était au fond ce qu’elle avait toujours fait, survivre.

L’idée de s’enfuir avait germé dès le second jour, allez savoir pourquoi, mais elle s’était mise à penser, à envisager de fuir. Elle ne savait pas combien de temps mettrait le NCIS à les retrouver, ils n’allaient pas rester à se faire maltraiter gentiment jusqu’à ce que leurs collègues daignent venir les chercher. C’était peut-être cet élan de survie qui l’avait poussée à trouver un moyen de fuir ? Elle restait optimiste sur leurs chances de s’enfuir même si réaliste sur le fait qu’on ne tarderait pas à les chercher une fois qu’on aurait découvert qu’ils étaient partis. Et puis il fallait qu’elle retrouve Logan. Ils n’étaient pas détenus au même endroit, l’un étant à un bout du camp alors que l’autre était à un autre endroit du campement. Pas question de fuir sans son collègue ! D’une, il n’était pas envisageable pour elle de laisser son collègue là et de deux, il était certain qu’une fois qu’elle serait partie soit il s’en prendrait plein la tronche soit on l’abattrait. Elle ne voulait pas être responsable de la mort de son collègue et puis, ce n’était juste pas envisageable de fuir sans lui. Alors elle avait cherché à trouver le moyen de fuir. Il lui avait fallu attendre le jour d’après pour savoir comment elle allait s’y prendre. Quand on est seul aussi longtemps on réfléchit énormément. Elle n’avait rien d’autre à faire qu’attendre et réfléchir. Alors, elle avait réfléchi, réfléchi, puis elle avait remarqué que le garde devant sa porte était absent pendant les heures de repas et qu’il revenait un certain temps après. Un temps qu’elle avait pris soin de compter. Et c’était là que son plan avait germé. Oh ! Elle ne savait pas encore comment elle allait sortir de la pièce mais elle savait qu’elle avait un temps précis où elle pourrait fuir et mettre une certaine distance entre elle et le campement.

Elle avait attendu puis elle s’était décidée à passer à l’action. En fait, c’était le quatrième jour de leur incarcération qu’elle était passée à l’action. Une fois à l’extérieur, elle avait bien veillé à fermer la porte, que si quelqu’un passait là, il ne sache pas qu’elle était partie. Les secondes s’égrenaient dans sa tête alors qu’elle cherchait son collègue. Une chaise vide devant une bicoque et elle avait tout de suite compris qu’il était là. Elle avait ouvert la porte, elle était heureuse de voir Logan vivant, bon, en assez mauvais état, tout comme elle mais au moins, il était vivant. Il leur restait la moitié du temps qui leur était imparti pour mettre le plus d’espace entre eux et les miliciens. Dès qu’ils avaient atteint l’orée de la forêt, Iris avait rapidement expliqué à son collègue combien de temps il leur restait avant qu’on remarque leur absence puis elle avait prononcé un seul et unique mot « Cours ! ». Courir, c’était ce qu’ils devaient faire. Ne pas s’arrêter, courir, courir et encore courir, ne pas regarder en arrière et continuer à courir. La nuit tombait et elle courait sans s’arrêter. Elle était tombée à quelques reprises, se prenant les pieds dans une racine sortit de terre, mais elle s’était toujours relevée, courant le plus vite possible. Dès que les secondes qu’elle comptait dans sa tête étaient arrivées à zéro, alors la traque commençait. La peur se mélangeait à l’adrénaline qui coulait dans ses veines. Courir, courir et encore courir. Elle courait tout droit sans s’arrêter, sans prendre le temps de faire une pause pour souffler, respirer un peu. Elle ne pouvait pas se le permettre. Elle ne savait pas où était Logan. Était-il devant elle ou derrière elle ?

Ils lui étaient tombés dessus, en fait, elle avait entendu les aboiements des chiens au loin, ce qui l’avait poussée à essayer de piquer un sprint. Les muscles de ses jambes étaient douloureux, sa respiration se faisait courte, ses pieds martelaient la terre, il fallait avouer que les sandales, çe n’était vraiment pas la meilleure des choses pour courir. Elle avait entendu les chiens, au loin, ils se rapprochaient, puis semblaient s’éloigner. Elle avait fini par entendre les voix des miliciens, loin, enfin c’est ce qu’elle croyait. Est-ce qu’elle avait réussi à s’éloigner assez du camp ? Cette question ne l’effleurait plus. Ils se rapprochaient, c’était une évidence. Elle aurait aimé pouvoir courir plus vite ou monter à un arbre, mais comment voulez-vous qu’elle monte alors que les branches sont à plusieurs mètres au-dessus d’elle. Elle avait faim, elle avait soif, elle avait mal, mais son instinct de survie la poussait à ne pas cesser de courir. Et puis, elle s’était reçue un coup de crosse de carabine ou mitraillette, elle n’aurait su le dire, dans le dos. Ça l’avait projetée au sol, face contre terre. Sur le coup, elle avait tenté de se redresser, mais elle s’était reçue un autre coup qui l’avait fait s’évanouir. C’était fichu. Sa fuite était ratée.

Elle s’était réveillée les poignets suspendus au-dessus de sa tête, le derrière de son haut relevé, Logan non loin d’elle et une caméra allumée. D’un regard elle avait su qu’ils étaient à l’extérieur, certainement au centre du camp. Les miliciens les entouraient. La nuit était tombée et des projecteurs étaient allumés. C’était son tortionnaire qui était derrière elle, un autre homme, certainement le chef de la milice, fit un discours sur eux, sur le fait de fuir, parlant de lâcheté et de courage, il finit par faire un signe de tête à leur geôlier.  Le premier coup de fouet lui fit monter directement les larmes aux yeux mais hors de question qu’elle pleure ! C’était le genre de choses qui arrivaient quand on se cogne le petit orteil dans un coin de mur, quand on se fait mal. Elle cherchait à garder une respiration régulière alors que le fouet venait de nouveau lécher sa peau et la déchirer. Elle résistait, résistait puis finalement, une larme avait finit par couler puis une autre et encore une autre. Elle craquait, ça faisait trop de mal. Combien de temps ça avait duré ? Elle n’aurait su le dire mais son dos était en sang et elle poussa un cri quand on fit retomber le reste de son haut sur ses plaies. Elle allait payer d’avoir osé fuir.

Par la suite on s’était « occupé » de sa jambe, on remerciera Francesco pour sa jambe qui était à présent fracturé. De nouveau, elle n’avait pas pu s’empêcher de pousser un cri de douleur. On l’avait attaché au préalable à une chaise, pas les mains dans le dos mais sur les bras de la chaise. La douleur s’était diffusée dans son corps. Logan était à présent enfermé dans la même pièce qu’elle, en face d’elle. La nuit était passée, elle n’avait pas réussi à dormir. Trop de douleur dans son corps. Son dos, sa jambe. Elle avait pleuré, elle n’avait pas réussi à s’arrêter jusqu’au moment où elle avait eu trop mal aux yeux, où ses yeux l’avaient brûlée et que ses larmes s'étaient asséchées. Elle avait mal, tellement mal. La nuit lui avait paru si longue, tellement longue. Elle avait essayé de faire abstraction de la douleur mais elle n’avait pas réussi. Ils étaient revenus dans la matinée, toujours avec leur fichue caméra. Ils lui avaient injectée un produit qui développait la douleur, comme si elle ne souffrait pas assez ! On passait donc à l’étape supérieure, on y allait plus fort ! Entre cigarettes éteintes sur les mains et les aiguilles plantées dans sa peau, reliées à un interrupteur qui à chaque fois qu’on « appuyait » dessus lui envoyait de l’électricité dans le corps, elle n’avait que peu de temps pour souffler. La douleur était constante …

Les jours passaient et ils ne voyaient pas arriver le NCIS. Au fur et à mesure que le temps passait ils finissaient par abandonner tout espoir qu’on vienne les chercher. Entre Iris et Logan, elle n’aurait su dire qui avait perdu espoir en premier, qui avait pensé qu’on les avait abandonnés à leur propre sort, qui avait perdu cette envie de survivre. Ils aimaient tous les deux quelqu’un mais quand toute envie de continuer vous lâche, plus grand-chose ne compte. Iris avait fini par se faire à l’idée qu’ils allaient mourir en se faisant torturer, qu’elle ne reverrait jamais son fils, n’embrasserait plus Anthony et que sa mère l’avait définitivement abandonnée. C’était peut-être bien dû à ça qu’à un moment son corps avait lâché et que son cœur s’était arrêté alors qu’elle recevait une énième charge d’électricité. On l’avait étendue précipitamment sur le sol et dans l’affolement général la caméra était tombée et s’était éteinte. On avait fini par la réanimer et on l’avait laissée par terre alors que Logan était toujours sur sa chaise. Il fallait qu’elle récupère mais elle n’en avait plus envie, tout ce qu’elle voulait à présent c’était mourir, qu’on la laisse mourir. Elle n’avait pas, ni elle ni Logan, les codes tant demandés par la milice. Et bien sûr, personne ne les croyait quand ils le disaient. Si les vidéos étaient visionnées par les Etats-Unis ils devaient bien passer pour des traitres à leur patrie. Mourir pour son pays … elle aurait plus envisagé de finir sa vie autrement … elle aurait tant aimé que son corps refuse de se « réveiller » alors qu’on avait tenté de la réanimer même si elle n’avait pas conscience d’avoir eu un arrêt cardiaque. Elle se souvenait de la douleur puis plus rien jusqu’au moment où elle s’était réveillée, sur le sol froid de la pièce dans laquelle ils étaient maintenus.

Elle avait tous ses sens engourdis, elle ne comprenait pas ce qui se passait autour d’elle. Elle avait dit à Logan de ne pas fuir avec elle, qu’elle serait un fardeau pour lui. En même temps avec une jambe cassée il lui serait impossible de marcher ! Elle ne serait qu’un poids mort alors qu’il pourrait avancer plus vite sans elle. Et puis déjà, comment feraient-ils pour sortir du camp ? Non, il fallait qu’il la laisse ici. Mais la forêt colombienne était si vaste … pourtant, Logan l’avait prise avec lui et ils avaient réussi à partir. Leur seconde fuite. Allait-elle réussir ce coup-ci ? Iris était pessimiste. Elle qui était quelqu’un d’optimiste, elle ne l’était plus. Elle continuait à se dire qu’elle était un fardeau pour son collègue, il n’aurait pas dû l’emmener avec lui. Elle était faible, elle avait de la fièvre, elle avait mal partout et ses plaies au dos étaient loin d’être en bonne voie de guérison. Elle avait faim, elle avait soif, elle sombrait de temps à autre, rêvant qu’elle était de retour à Washington auprès de ses proches, jouant avec Evan, discutant avec sa mère, blottie contre son fiancé. Puis elle revenait à la réalité, la chaleur environnante l’étouffait, la moiteur de la forêt lui collait à la peau. En plus de la milice qui les cherchait il y avait les animaux qui les guettaient. Ils seraient un superbe repas pour eux. Il y avait toujours ce danger qu’une araignée leur tombe dessus et les pique, ou qu’un serpent fasse d’eux son festin du moment. Même si l’homme était le plus grand des prédateurs à ce moment-là, ils étaient les plus grandes proies et non les meilleurs prédateurs. Les rôles s’inversaient.

L’angoisse était présente constamment, la peur leur serrait les tripes. Elle pourrait vous dire qu’à plusieurs reprises elle avait cru les entendre les rattraper mais elle n’aurait su si c’était un effet de son imagination ou non. Survivre dans la forêt colombienne n’était pas de tout repos. Il fallait trouver de l’eau buvable, trouver à manger, veiller à ne pas se faire attaquer par des animaux, une piqûre d’une araignée et ils seraient fichus ! On passera sur les détails de la nourriture qu’ils avaient réussi à ingurgiter tant bien que mal, mais il fallait bien trouver un moyen pour rester en vie. Ils avaient eu la chance d’avoir droit à une averse, au moins, le sang séché et la saleté sur leurs corps pouvaient enfin partir. L’eau lui fit du bien, ça glissait sur sa peau et ça l’apaisait au moins un peu. L’eau sur les plaies avait ravivé un peu la douleur mais au moins, on pouvait imaginer que ça lavait un peu ?! La fièvre était toujours présente. Combien ? Peut-être trente-huit, peut-être trente-neuf, elle n’aurait su le dire n’ayant pas de thermomètre à portée de main mais il était sûr qu’elle avait de la fièvre et pas qu’un peu ! Elle continuait de sombrer et revenir à la réalité. A plusieurs reprises, elle avait dû avoir des hallucinations : fièvre, plus sous-nutrition, plus douleurs, forcément ça faisait délirer. Elle avait dit à plusieurs reprises à Logan de la laisser mais il avait refusé. Pourtant, tout aurait été plus simple selon elle s'il l’avait laissé là. Elle n’avait plus aucun espoir …

La faim, c’était horrible. Ça lui tordait les tripes, ça la faisait se sentir plus faible, en même temps c’était ce qui se passait. Son poids diminuait, au moins si elle avait eu des kilos en trop à perdre, le problème aurait été résolu. Elle avait des vertiges, des maux de têtes qui, s’il fallait les noter sur une échelle de zéro à dix, seraient bien à au moins huit ! Elle était quasiment constamment en hypoglycémie, elle aurait bien voulu manger mais elle arrivait à avaler que peu de choses. Elle avait vomi à plusieurs reprises sans n’avoir rien dans le ventre. Il y avait bien eu un moment où elle était arrivée à un point qu’elle ne sentait plus sa faim. Mais celle-ci était revenue plus forte, plus violente. Elle avait déjà ressentie la faim quand elle était encore qu’une enfant, une adolescente, même si elle vivait aux Etats-Unis il n’y avait pas toujours assez à manger dans son orphelinat. C’était dur, il fallait savoir survivre. Elle avait déjà volé de la nourriture mais ici impossible de voler quoi que ce soit, il fallait savoir s’adapter, les insectes … c’était loin d’être l’un des meilleurs plats au monde. Mais il fallait faire avec. C’est vrai qu’à plusieurs reprises elle aurait aimé avoir un bon steak mais impossible, ils étaient coincés en Colombie, traqués par les miliciens.

Les jours avaient défilé, pas énormément mais quelques-uns tout de même. Et un beau jour, le NCIS avait débarqué. Elle devait être inconsciente à ce moment-là car elle n’en avait aucun souvenir. Mais ils étaient arrivés, ils étaient venus les sauver. Si elle avait été réveillée peut-être aurait-elle cru à une hallucination ? Mais ils étaient bien là et ils avaient pu arrêter la milice. Ils étaient sauvés. Elle était faible, sa fièvre était haute, son état était critique ou proche du critique. En même temps, elle était celle qui avait le plus souffert durant ces derniers jours. Elle était la plus amochée des deux. Et puis, elle devait bien être celle qui avait perdu le plus d’espoir. Alors pourquoi continuer à aller de l’avant quand nous n’avons plus d’espoir ? On les fit aller tout d’abord à Cartagena ou un avion médicalisé les attendait. Iris dût émerger brièvement, l’espace d’une minute ou deux mais il lui sembla être plus dans un rêve qu’autre chose, elle replongea rapidement dans les limbes, n’ayant pas conscience de ce qui se passait autour d’elle. Les vols dura plusieurs heures, elle ne se réveilla qu’une seule autre fois durant le vol mais à peine réveillée qu’elle repartit. Une perfusion provisoire avait été installée sur son bras, on lui avait mis un masque pour l’aider à respirer. On la changerait une fois arrivés à l’hôpital. Une fois arrivés à l’aéroport militaire, deux ambulances les attendaient, une pour chacun. Chacune fila droit vers l’hôpital, les soignants à l’intérieur des deux véhicules se préoccupant de l’état de santé de son patient du moment. La pluie tombant sur la capitale à l’inverse de Cartagena où il faisait beau et chaud. Pourtant, cette chaleur ne lui manquerait que peu. La pluie avait quelque chose d’apaisant au fond, en tout cas pour Iris, même si elle n’émergea pas durant le trajet, juste une brève fois à l’hôpital mais tout ce qu’elle vit fut une lumière aveuglante qui semblait défiler. Elle ferma les yeux et repartit de nouveau.

On la passa de son brancard au lit d’hôpital, laissant les proches à l’extérieur de la salle. On la déshabilla rapidement, enlevant ses vêtements et ses sandales, dans un premier temps on s’occupa de sa jambe, de ses plaies au dos et de ses brûlures aux mains. Il fallait faire des radios pour sa jambe même s’il était évident qu’elle était cassée et que seulement la peau retenait l’os de sortir, il fallait s’en occuper. On désinfecta les plaies au-dos, faisant de même avec les brûlures aux mains et installa pour chaque un bandage. Une fois fini, on l’habilla de vêtements d’hôpitaux, lui remettant une aiguille dans la peau, on brancha plusieurs perfusion via celle-ci. Elle reposait enfin dans un lit. Elle n’avait plus mal grâce à la morphine qui coulait à présent dans ses veines. Elle était enfin rentrée chez elle. Les heures défilèrent mais elle n’ouvrit pas les yeux, restant dans les bras de Morphée. En même temps c’était bien plus confortable de dormir – ou au moins d’être inconsciente - que de rester réveiller, en tout cas c’était ce qu’elle avait ressenti ces derniers jours. Ses proches se relayèrent à son chevet, pourtant elle n’ouvrit pas plus les paupières pour l’un ni pour l’autre. Les soignants vinrent la voir à plusieurs reprises, notant ses constantes, changeant une perfusion, faisant leur travail. Elle n’ouvrit pas les yeux du restant de la journée ni même de la nuit. Alors que l’aube prenait le pas sur la noirceur nocturne, Iris ne se réveilla pas plus. Elle n’était pas dans le coma mais le fait de ne plus ressentir la douleur l’aidait à se reposer. A midi, on vint lui mettre une perfusion pour la nourrir même si elle dormait encore, la lui retirant une fois qu’elle fut vide. Avaler quelque chose ne serait pas faisable avant au moins quelque jours, alors il fallait bien que la nourriture passe par intraveineuse. La pluie continuait à tomber, en même temps elle n’avait pas cessé depuis déjà plusieurs jours. Le vent se mêlait aux gouttes d’eau qui venaient s’écraser contre les fenêtres de la chambre dans laquelle elle était installée. La nuit prit assez tôt le pas sur le jour, en même temps nous étions toujours en février.

Elle entendit d’abord en premier le bip bip constant des machines autour d’elle. Puis elle remarqua que sa respiration faisait du bruit, elle ressentit la sensation que quelque chose était posé sur son visage, le masque à oxygène. Sa jambe était lourde, on avait mis quelque chose au niveau de son torse et de ses mains. Elle n’avait plus mal … ça lui semblait si étrange de ne plus ressentir la douleur qu’elle avait dû supporter pendant tout ce temps. Elle ressentait le contact du tissu sur sa peau, elle reposait sur un matelas. Un lit ? Ça lui semblait tellement abstrait à présent d’être sur un lit mais qu’est-ce que ça faisait du bien d’être allongée sur un matelas, d’avoir une couverture sur soi. Ne plus avoir froid. Se sentir bien. Ça ne pouvait pas être possible … ça semblait tellement irréel à présent. Et puis, il y avait le son que produisait la pluie en s’écrasant sur les fenêtres, le vent qui soufflait au-dehors. C’était trop beau pour être vrai. Ça avait l’air tellement rassurant, tellement calme. Il faisait bon, pour une fois qu’elle n’avait pas trop chaud ou qu’elle ne se les gelait pas. Pourtant, tout ça lui semblait tellement irréel. On les avait abandonnés, ce n’était pas possible qu’elle soit autre part que dans la forêt colombienne. Il fallait qu’elle voie, il fallait qu’elle sache. Elle ouvrit ses yeux.
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les étagères font badaboum quand toi et moi on fait boum boum boum
Boum boum boum En plus ça, ça fait toujours deux De plus de ça fait tout ce qu’on veut Toi plus moi ça fait boum boum boum Pas la peine d’aller cavaler Y a plus toi qui me fait voyager Voir les cocotiers de Touloum Quand toi et moi on fait boum boum boum Et tous les bourgeois du 16ème se demandent pourquoi je t'aime Pour n'avoir pas besoin d'un zoom quand toi et moi on fait boum boum boum S'aimer comme ça, c'est pas vulgaire
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Rousse au grand coeur

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MessageSujet: Re: Les bras d'une mère sont la meilleure protection face au monde mais aussi la plus rassurante • Jennyfer Ven 21 Aoû - 21:29




Les bras d'une mère sont la meilleure protection face au monde mais aussi la plus rassurante
Ft. Iris Shepard & Jennyfer Shepard


Pendant que la voiture roulait à vive allure, avalant les kilomètres de tarmac sans le moindre effort, tout n'était pas aussi simple dans l'habitacle. Effectivement, si la propriétaire du véhicule avait bel et bien son regard posé à l'extérieur, laissant présager qu'elle scrutait le paysage, c'était tout à fait faux! Elle le voyait sans le voir... Car si matériellement, la directrice du Ncis était présente, psychologiquement, elle était loin de tout cela. Loin de ces quatre roues, de ces routes connues et reconnues. Au contraire, elle voyageait dans les méandres de son esprit, suivant des chemins sinueux qui ne lui apportaient qu'une torture mentale. Tout en créant d'incessant flash-back, sur les centaines d'images qu'elle avait dû observer les semaines précédentes. Surtout que les vidéos qu'ils avaient reçues de ce groupuscule terroriste avaient été nombreuses et savamment choisies pour leur lot de supplices. Il y en avait tellement eu que le choix d'image affreuse et horrible était monnaie courante, suffisante en tout cas pour incruster en elle ces incarnations, telle une marque au fer rouge. Dans un soupir tendu, à peine audible pour le chauffeur, Jen ferma les yeux posant sa main sur ceux-ci tout en cherchant à chasser ces idées noires. À peine cet effort réalisé, que sa main droite se mit à trembler de manière totalement incontrôlée. Depuis quelques jours, ces soubresauts irréguliers devenaient de plus en plus courants. C'était le résultat d'un subtil mélange environnemental - particulièrement angoissant - et d'une fatigue grimpant crescendo dans son organisme, l'affaiblissant. Cet ensemble donnait à ces réminiscences de maladie, plus d'emprise sur son corps, à son grand dam. Incapable de contrôler ces convulsions, elle laissa faire tout en visualisant la pancarte indiquant que le "Washington Hôpital'" était sur leur route. L'indication était inutile, ce trajet était devenu commun, voire routinier, au point ou aucune mise en garde n'était nécessaire. Cependant, le mal était fait. Cette simple vision suffit pour lui renvoyer à la figure la raison de ces déplacements, ce pour quoi elle y allait : Sa fille.

Ce qu'elle avait réussi à tenir à l'écart, revenu de plus belle, accompagnée de son lot d'émotions complètement éparpillées. C'était un étrange mélange qui pesait lourd sur son estomac, raccourcissant son souffle. Dans le tas, on pouvait bien évidemment déceler de la peur. Cette crainte viscérale, basique presque, de perdre un être cher. Oui Jennyfer craignait de ne plus jamais pouvoir revoir Iris, de ne plus l'entendre, la voir sourire, vivre tout simplement. Lier à cela, on avait bien évidemment, cette hantise d'entendre des mauvaises nouvelles sur son état de santé, d'être présente en cas de dégringolade de son pronostic vitale. De ne pas vouloir être l'oiseau de mauvaise augure qui devra expliquer à un petit garçon que sa maman était partie rejoindre les anges. Ou de tout simplement voir un dragueur, blagueur compulsif virer à la dépression. Mais malgré tout, tout n'était pas négatif. La rouquine avait également cet espoir, au fond d'elle, que tout finirait par s'arranger. Qu'elle s'en sortirait parce qu'elle était forte et qu'elle ne pouvait pas les laisser tomber tous les trois. Elle allait se battre, c'était presque sûr. Cependant sur ces notes, on ne peut plus prévisible, un autre sentiment jouait les troubles fêtes, une manie avec sa fille : la culpabilité. La quadragénaire se sentait tout simplement responsable du sort qui lui avait été destiné. Elle n'y pouvait rien, mais c'était comme ça. Elle avait l'impression de l'avoir une nouvelle fois abandonné en la lâchant dans la gueule du loup. Elle s'en voulait du lui avoir offert cette mission sous couverture, a priori si banal. Elle aurait dû sentir le coup foireux venir, avoir cette mauvaise intuition comme elle les avait trop souvent eu à son époque, et pourtant elle l'avait fait.

Vance avait beau lui répéter qu'elle était parfaitement apte à la réaliser, tout comme Logan et que personne n'aurait pu prévoir ce retournement, rien n'y faisait. Au contraire, que ce foutu codirecteur joue les bonnes âmes empiraient les choses. Quoi qu'il en soit, elle avait l'impression de ne pas en avoir fait assez, de ne pas avoir agi assez vite. A vrai dire si personne ne l'avait tempéré, elle aurait derechef pris le premier avion qui décollait en direction de la forêt colombienne pour leur dire sa façon de penser, mais c'était impulsif et inconscient. Puis, elle avait rongé son frein, sans pouvoir envoyer l'armada sur place, quitte à bruler cette putain de forêt pour les retrouver. Mais dès les premiers instants, elle avait été mise à l'écart, trop touché par les faits que pour diriger avec partialité, c'était Vance qui avait eu les rennes. Oui, il avait fait ce qu'il fallait mais rien n'apaisait cette culpabilité au final, d'être en vie alors que son enfant luttait pour la sienne. Un nouveau soupir traversa la barrière de ses lèvres, alors que la belle voiture se garait devant l'entrée du bâtiment. S'extirpant en douceur, fébrile, la silhouette affinée se dirigea vers l'intérieur, prêt à suivre ces interminables couloirs blancs, à l'odeur immonde. Toujours le même trajet, toujours cette même rengaine, tandis qu'inlassablement la tension qui agrippait ses muscles s'accentuait et que son corps se raidissait. Rapidement, les soins intensifs furent en vue. Puis cette hésitation classique qu'elle avait devant la porte de sa chambre, ne sachant à quoi s'attendre, avant de la pousser. La directrice l'avait quitté quelques heures plus tôt, mais rien n'avait changé, absolument rien. Immédiatement, son regard émeraude accrocha la seule forme de vie de la pièce, le corps de sa fille. Cependant voir Iris allongée, le corps maltraité, polytraumatisé, inconscient et relié à des dizaines de machines, lui soulevait toujours autant le cœur. Et à chaque fois cette vague de peine et d'impuissance reprenait le dessus. Comme une preuve de son incompétence.

Le visage de la blonde, habituellement si joyeux, si impulsif, si expressif était figé dans ce sommeil fortuit. Et chaque jour, l'absence de changement la frappait de plein fouet, lui donnant l'effet de se prendre une gifle en plein figure. Inconsciemment, sa respiration s'accéléra, alors que la rouquine comblait l'espace qui lui restait, pour s'approcher de ce corps si frêle. Tentant ainsi d'imprimer sa présence, si tant était qu'elle pouvait en avoir une vague conscience. Doucement, son regard quitta son visage pour dévier vers sa poitrine qui se soulevait dans des respirations difficiles, puis vers les innombrables plaies qui jonchaient sa chair. Une fois n'était pas coutume, l'ex-agente fut dès lors plongée dans ces souvenirs, par des flashs successifs. Les images mentales montraient sa fille, attachée sur une chaise, la demande de Ranson. Plus tard, suspendue par les poignets occupés d'être flagellée. Elle revoyait encore son corps immobile, son poing serré, son regard colérique face à des vidéos, qu'elle sommait Abby de lui dévoiler jour après jours, malgré le supplice que cela restait pour elle. C'était quelque chose d'affreux de voir cela en était si loin, en ne pouvant rien y faire. Chaque blessure, elle les voyait, encore et encore comme un mauvais film rayé et pourtant, elle n'avait jamais une fois manqué ces visionnages qui devenaient le lot quotidien du Ncis. Elle l'avait toujours fait avec un air digne, alors que son moral chutait vers les abysses et que sa colère, sa peine et sa douleur enflaient proportionnellement. Ces enfoirés les avaient torturés pendant des heures et les ecchymoses qu'elle voyait malgré les draps blancs posés sur elle, en étaient des preuves tangibles. Chaque cicatrice avait une signification, des vrais sadiques. Bon Dieu ce qu'elle s'en voulait...

Par impulsion, parce qu'elle ne savait faire que cela pour la soutenir dans cette épreuve, elle porta sa main sur la sienne, la serrant en douceur. Son pouce caressant le dos de sa main, immobile sur le draps, froide, rigide... C'était un petit rituel, sa manière de marquer sa présence, à défaut de palabrer dans le vide pendant des heures, même si cela pouvait rassurer selon les infirmières. Jen avait du mal à extérioriser certains points et son attachement passait par ce geste si simple et doux. En la voyant comme ça, si pâle, elle ne cessait de se dire qu'elle aurait aimé intervenir plus vite mais surtout échanger les rôles. Elle aurait volontiers donné sa place, sa vie, si cela aurait été pour la sauver. Iris méritait de vivre, de connaitre le bonheur avec son future fiancé, Tony, d'avoir un peu de chance, une vie tout simplement. Ce n'était pas juste, Jen avait fait son chemin, elle avait eu sa chance, sa perte était moins grave qu'un décès si jeune. Et pourtant, c'était ainsi, c'était la mère qui devait regarder son enfant entre la vie et la mort, occupé de se battre comme une lionne. Il fallait tellement qu'elle s'en sorte. Iris n'avait pas le droit d'abandonner, elle ne pouvait pas le faire. La rousse le refusait tout simplement. Elle refusait de la perdre, de la voir mourir, d'assister à son enterrement. Non, ce n'était pas possible. Elle devait se battre! Pour son petit garçon qui était en peine et pleurait tous les soirs. Pour son futur fiancé, qui avait retourné les montagnes avec elle pour la retrouver. Elle n'avait sans doute jamais autant vécu avec l'agent Dinozzo, d'ailleurs. Non, elle avait plein de raison de lutter, elle devait en user, à tout prix. C'était une évidence... Cette pensée se mêlait et sa gorge se nouait à toutes ses perspectives. Une grande respiration lui permit de se contenir.

Cherchant un échappatoire à ses pensées envahissantes, la directrice posa son regard dans la chambre. Il y faisait calme et elle était fleurie par les dizaines de membres, même Vance en avait envoyé une. Puis lentement, après avoir fait ce constat mentale, parfaitement identique dans la chambre de Logan, elle s'assit sur la chaise qui était à côté du lit. Depuis qu'elle était ici, c'était en quelque sorte sa place. Tandis que Tony prenait généralement position dans le fauteuil, de l'autre côté. Jour et nuit, les deux personnes s'étaient relayé à son chevet, la laissant rarement seule. Puis si ce n'était pas eux, c'était son équipe qui venait la voir ou carrément celle de Gibbs, voir les agents du ncis présent lors du sauvetage. Elle voyait encore cet avion atterrir et l'état des agents, les carcasses presque qu'ils avaient rapatrié. Dans ces souvenirs, une des machines bipa un peu plus fort, le cardiogramme s'emballa et son cœur sauta un battement tandis que la directrice sursauta dans la panique. Résultat de la plus pénible vidéo, résultat d'avoir vu sa mort en direct. Sans pouvoir l'empêcher, les souvenirs de ces instants se superposèrent à la chambre d'hôpital. Si voire des sévices qu'on apposait sur votre famille étaient déjà une supplique digne du plus grand psychopathe, voir sa mort avait été le plus pénible. Elle revoyait sans problème le moment. La plupart des agents, ceux qui supportaient encore de voir ses films, ceux qui devaient le faire pour chercher des indices, étaient présents, près du laboratoire de la jeune gothique. Elle avait démarré la vidéo qui montrait sa fille se faire électrocuter, elle écopa directement des regards condescendants comme Dinozzo. Puis son corps inerte qui arrêtait de bouger, sa respiration qui ne se soulevait plus. Cette angoisse qui grimpait rapidement, l'adrénaline qui parcourait ses veines alors que son regard fixait les images dans l'espoir qu'elle reprenne.

Abby qui coupait la diffusion en catastrophe, l'ambiance qui devenait lourde, pesante. Tout le monde les avait regardé, sans oser bouger, sans oser respirer. Elle non plus. Son regard tourné vers ce foutu écran, beugant sur l'information et ne l'acceptant pas. Lentement, l'idée avait fait son chemin, détruisant tout sur son passage. Intérieurement, le chaos régnait, mais silencieusement elle avait tourné les talons alors que sa main semblait s'agiter à nouveau toute seule et que ses jambes semblaient peser dix tonnes. Immanquablement, son regard croisa celui de Tony, l'harponnant. Il n'y avait besoin d'aucun mot pour qu'ils se comprennent car la même teinte brillait au fond de ces prunelles. Cette même douleur qui irradiait à des kilomètres à la ronde, tenant les autres dans un malaise certain. Un reflet identique pour une peine presque égale. Si Abby tentait d'enserrer un Dinozzo statufié, Jen avait tout simplement fui, continuant sa lancée, ne supportant certainement pas l'idée d'un contact réconfortant quel qu'il soit. Fichu ego. Un besoin d'être seul, de paix, de tenter de garder une image? Ridicule... Dans ces pas, elle avançait au hasard, cherchant l'échappatoire à son bureau mais finalement, deux bras puissants qu'elle reconnaîtrait entre mille, avaient entouré sa taille, la forçant à rester sur place. Elle avait évité de croiser ce regard bleuté, mais il avait suffi d'un "Jen" pour qu'une seule larme, véritable traitresse du torrent d'émotion qui battait son plein s'écoule. Puis comme si la porte avait été ouverte par ce démarrage, elle avait enfoui sa tête dans son cou, se serrant contre lui, alors que ses épaules se soulevaient régulièrement indiquant qu'elle pleurait. Oui, elle avait lâché prise à tous ces sentiments qui l'entouraient dans les bras de Jethro. Elle avait voulu être forte, être l'épaule sur qui on pouvait compter, elle devait jouer le rôle du mur auquel Évan et Tony se raccrochaient mais face à ça, elle n'était rien de plus qu'une mère épleurée à qui on retirait l'enfant. Le mur de brique s'était tout simplement effondré.

Puis heureusement, elle s'en était sortie, il l'avait appris le lendemain après une des pires nuit de sa vie. Elle secoua vigoureusement la tête alors que son visage déjà pâle et cerné, se tournait vers ses machines qui l'aidait à rester avec eux. Dire qu'elle en était là pour une foutue mission, pour son pays. Et où était le pays qui la remerciait d'avoir fait tout cela? Nulle part! Sa main libre passa sur son front, avant de reposer son regard vers la jeune blonde. Elle la fixait attendant son réveil, attendant que quelque chose bouge. Qu'elle respire plus fort, qu'elle ouvre les yeux, enfin. Elle avait l'impression de comprendre maintenant ce qu'Iris avait vécu et elle aurait préféré ne jamais le vivre. Une infirmière fit irruption dans la chambre, lui signalant qu'elle était stable et qu'il y avait des signes encourageant d'un réveil. Son regard se posa vers elle, les cernes appuyés, les cheveux un peu en pagaille, elle était loin de la pimpante directrice. Par effort, elle réussit à esquisser un sourire, un faible sourire alors qu'elle se demandait juste si elle revivait tout cela. Comment serait sa fille si elle s'en sortait? S'en souviendrait-elle? Ferait-elle un blocage? Un stress post-traumatique? On ne pouvait qu'attendre. Encore et toujours. Dans ces mouvements, la peluche qu'Évan avait tenu à donner à sa mère était tombé, tranquillement, elle la ramassa et la posa sur le lit à ses côtés. Elle ne savait plus que faire avec le petit garçon, pour le faire rire ou lui redonner le sourire. Elle n'était pas douée avec les enfants, tellement pas. Leroy l'était plus, mais même cela ne le remettait pas à flot.


-Je t'en supplie Iris, bats-toi, tu ne peux pas nous laisser tomber. Pensent à Tony, à Évan, à tous ceux qui t'aiment...

Un seul murmure. Jennyfer avait bien du mal à parler toute seule, même si elle n'en pensait vraiment pas moins. Mais revoir la mine triste d'Évan avait joué les déclencheurs, il fallait qu'elle sache qu'on attendait son réveil, qu'il y avait des personnes qui comptaient encore sur elle, qui l'attendait. Incapable de rester plus longtemps assise dans ce silence à couper au couteau, elle s'était redressée sur ses jambes avant de tendre la main vers le sommet de son crâne. Tendrement, elle dégagea une mèche de cheveux de son visage, la remettant à sa place, avant de venir à nouveau enserrer sa main en signe de présence. Elle aimerait croire qu'elle savait qu'elle n'était pas seule, qu'on ne l'avait pas délaissé, sans forcément y croire. Puis soudainement, après ce qui semblait des lustres, il y eut un mouvement. Un battement cil, plus prononcé comme quelqu'un qui était aveuglé par la lumière après un long sommeil. Non elle avait sans doute rêvé et pourtant?! Cela continuait... Est-ce qu'elle se réveillait? Son cœur battit un peu plus fort, sous cet espoir fou qui lui avait déjà joué plus d'une fois des tours. Puis comme par miracle, enfin, elle ouvrit les yeux. Une vague de soulagement ainsi que d'apaisement passa à son tour. Elle se réveillait, elle ouvrait les yeux. Elle était vivante! Elle était là.

-Iris? Iris ça va, est-ce que tu m'entends? Je suis là...

Sa voix était loin de celle maitrisée, impeccable, qu'elle donnait dans toutes les conférences qu'on lui imposait. L'émotion était cette foi tangible et présente, modulant ces paroles, rendant parfois certaines parties moins audibles que d'autres. Elle était juste heureuse de cet exploit, de cette avancée. La vague idée d'aller prévenir les infirmières semblait tenter de faire un bout de chemin jusqu'à son cerveau mais sans succès. Son visage restait tourné vers sa fille, ses iris émeraude la scrutant alors que le soulagement et la joie s'étendaient sur ceux-ci. Inconsciemment, elle avait serré un peu plus sa main, comme pour prouver qu'elle ne rêvait pas et qu'il y avait bel et bien une présence à ses côtés.

-Tu es en sécurité à l'hôpital, tu n'as plus à rien à craindre ici...

Cela semblait être le premier point important à préciser. Ce fut d'ailleurs les seuls qu'elle arrivât à formuler. Les mots déferlaient dans son esprit pour former des phrases incohérentes, un fouillis impossible. Elle ne savait pas comment elle était, si elle la comprenait, l'entendait, si elle était seulement réveillée, si elle savait parler, ou si comme Gibbs, elle ne serait pas vraiment à notre époque. Elle nageait en eaux troubles.

-Tu nous as faits si peur.

Cette vague d'espérance lui faisait cette fois parler toute seule, sans attendre de réponse, juste peut-être de ne pas fermer les yeux. Et en même temps qui était-elle pour empêcher quelqu'un de se reposer après tout ce qu'elle avait dû subir? Elle ne savait quoi dire, mais son organisme semblait trouver la paix, même si éphémère. Après autant de noirceur, elle était prête à prendre la clarté dès qu'elle venait, petit à petit. Un doux sourit étirait son visage amaigri et fatigué, attendant ses réactions avec inquiétude.

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MessageSujet: Re: Les bras d'une mère sont la meilleure protection face au monde mais aussi la plus rassurante • Jennyfer Mer 2 Sep - 14:11

Jennyfer ∞ Iris
De Gilbert Sinoué - Les êtres humains possèdent d'extraordinaires ressources. On les pourchasse, les bâillonne, les torture, ils réussissent quand même à résister.
Elle avait perdu tout espoir de revenir un jour aux États-Unis et revoir ses proches. Ces personnes qu'elle aimait tant. Les avaient-ils abandonnés ou ne les trouvaient-ils pas ? La question avait fini par ne plus se poser. Pour elle, elle avait fini par croire qu'ils les avaient tout simplement abandonnés à leur sort. Après tout ce temps à se faire torturer, l'espoir avait fini par s'envoler, son moral s'était mis à chuter et son état s'était de plus en plus dégradé. Lors de leur seconde fuite, lors des moments de lucidité, elle avait même demandé à plusieurs reprises à Logan de l'abandonner à son sort et de continuer seul, lui donnant ainsi plus de chances de s'en sortir qu'en la gardant avec lui tel un boulet que l'on traîne à sa cheville, mais pourtant son collègue avait toujours refusé de l'abandonner et c'était occupé d'elle pendant tout ce temps dans la forêt colombienne à attendre qu'on vienne les chercher. À peine quelques jours à fuir et elle avait eu l'impression qu'une éternité s'était passée entre la veille et le jour même. Lorsqu'ils avaient fui pour la seconde fois, elle avait maintenu sans cesse que c'était une mauvaise idée, une fichue mauvaise idée, mais de toute manière ils n'avaient plus rien à perdre hormis leur vie. La leçon avait bien été revenu lorsqu'on les avait capturé après leur première fuite, fuite qu'elle avait orchestrée en réussissant à fuir de l'endroit où elle était maintenue en captivité et en retrouvant l'endroit où était Logan pour l'aider lui aussi à fuir. De toute manière, ils ne fuiraient pas l'un sans l'autre. Ça avait été une sorte d'accords silencieux qu'ils s'étaient passés entre eux. Rien à dire, ce n'était qu'une évidence, on ne laissait pas l'autre derrière. Iris avait bien senti le temps qui passait, là, dans le noir de cette pièce dans laquelle elle était enfermée, tout d'abord seule puis en compagnie de Logan. Le temps était long et ses sens sur le qui-vive, en attente du retour de son tortionnaire. Au début, bien sûr qu'elle ne s'était pas laissé faire, elle avait montré quelques actes de résistance et gardant le plus souvent le silence le plus complet alors que Francesco était un coup menaçant et la fois d'après son « ami ». Fils de pute. Elle s'était amusée mentalement à ressortir bien des insultes qui pourraient le qualifier. Il pouvait bien la torturer autant qu'il le voulait, il n'obtiendrait aucun code d'elle car elle ne les avait tout simplement pas. Et dire que cette mission sous couverture devait être simple et tranquille. Ils s'étaient surtout bien fait avoir ! N'avait-on pas pensé que ces hommes voudraient essayer tout de suite les codes et voyant que ça ne marchait pas ils leur tomberaient dessus, exigeant les véritables codes ?! Non, ils avaient été trop naïfs. Et lorsqu'on est trop naïfs alors ça nous retombe dessus. Elle avait été trop naïve, pensant que tout irait bien et que quelques jours après elle rentrerait chez elle, auprès de ses proches, retrouvant son équipe et les enquêtes. Son train-train quotidien.

Elle avait l'impression de rêver, elle n'avait plus mal, elle se sentait si bien et cela faisait depuis ce qui lui semblait être une éternité qu'elle ne s'était pas sentie aussi bien. Paisible, elle n'avait pas froid, elle n'avait pas mal, plus mal et elle avait un sentiment de sécurité qui s'installait en elle alors qu'elle n'avait même pas encore ouvert les paupières. Non, tout cela était impossible, ça ne pouvait être autrement, on les avait abandonné, c'était tellement invraisemblable qu'ils soient de retour aux États-Unis. Non, elle devait rêver, c'était sûrement ça, ce n'était pas la première fois qu'elle faisait ce genre de rêves où elle se croyait de retour aux États-Unis avec sa famille à ses côtés, sa mère, Evan, Anthony, tous autour de son lit d'hôpital, souriants, heureux de la revoir et il faisait beau, il faisait toujours beau, parce que c'était un rêve et c'était un rêve idyllique, un rêve mensonger qui lui promettait qu'elle reviendrait un jour chez elle et que tout irait bien dans le meilleur des mondes. Non, elle devait être entrain de rêver alors que son corps était toujours dans cette fichue forêt colombienne, à la merci de la milice qui les traquait sans relâche. Elle les avait déjà entendus leurs chiens lorsqu'ils fuyaient. Ils étaient la proie et eux les chasseurs. Pourtant, elle entendait la pluie qui tombait dehors et qui s'abattait sur les fenêtres de ce qui semblait être sa chambre. Non, c'était trop beau pour être vrai, c'était impossible. Elle sentait qu'on lui tenait la main. Même ça, ça lui semblait surréaliste. Alors elle ouvrit les yeux pour voir, il fallait qu'elle voie. Peu habituée à la luminosité de la pièce, elle referma les yeux pour finalement les rouvrir plus prudemment. Cette voix … ça ne pouvait être qu'un tour de plus que lui jouait son esprit, ça ne pouvait être que ça. Cette voix elle la reconnaîtrait entre mille. Celle de sa mère. Son regard se porta sur elle alors qu'elle sentait une légère pression sur sa main, mais son attention était surtout portée sur la rousse qui se tenait à ses côtés. Non non non, elle ne pouvait être là, Iris était encore en Colombie et elle était entrain de rêver, mais une petite voix dans sa tête lui soufflait que si, elle ne rêvait pas, elle était bel et bien rentrée. Est-ce qu'elle l'entendait ? Oui, en guise de réponse elle battit des paupières, pas très explicite en guise de réponse mais elle atterrissait là. Pourtant, elle n'avait aucun souvenir de comment elle était arrivée ici. C'était comme dans les rêves, dans les rêves on est là sans savoir comment on est arrivé, eh bien c'était la même chose. En même temps, Iris n'était pas consciente quand le NCIS les avait trouvé, c'était bien normal qu'elle n'en ait aucun souvenir malgré les brefs moments durant le trajet où elle s'était réveillée pour finalement se rendormir. À présent, elle était littéralement perdue, ayant du mal à réussir à différencier rêve et réalité. Même la pression de la main de sa mère sur la sienne ne lui suffisait pas pour réussir à se dire que c'était bel et bien réel. Elle n'avait aucun souvenir de comment elle était arrivée là, comme lorsqu'elle rêvait, alors pour elle s'était un rêve. C'était tout simplement trop beau pour être vrai. Alors que sa mère lui parlait, le regard de la belle blonde parcourut la chambre, s'arrêtant sur les fleurs puis sur la fenêtre où elle voyait – en plus d'entendre – la pluie qui tombait au-dehors pour finalement revenir sur la directrice du NCIS. Il n'y avait pas Anthony, ni même Evan. Elles étaient toutes les deux, juste sa mère et elle. Trop beau pour être vrai. Ça résonnait dans sa tête. Trop beau pour être vrai. En plus des mots qu'avait prononcés sa mère. Trop beau pour être vrai. Pourtant ça n'avait rien du décor habituel, il pleuvait, il ne faisait pas beau, il y avait la pluie, il n'y avait que sa mère, pas Evan, pas Anthony ni même Abby qu'elle avait vu une ou deux fois dans ses songes. Elle était perdue et ça se voyait dans son regard, en plus de cela on pouvait y apercevoir de la peur, peur car elle était perdue, car son esprit lui disait que c'était bel et bien réel alors qu'elle s'obstinait à croire que c'était un rêve et que depuis qu'ils fuyaient elle avait constamment peur et aussi de la distance, distance due au fait de tous les sentiments, toutes les pensées qui passaient dans son esprit. C'était juste trop beau pour être vrai. Les secondes passaient et Iris se contentait tout simplement d'observer en silence Jennyfer, tentant de se dire que tout cela était réel. Mais elle n'y arrivait pas. Sérieusement, elle n'avait aucune idée de comment elle avait pu atterrir ici. Son dernier souvenir remontait à quand déjà ? A vrai dire, elle avait fini par perdre la notion du temps, en tout cas son dernier souvenir était que Logan lui disait de rester éveillé – pour la énième fois – mais aux vues de son état et de la fièvre qui était à ce moment-là bien haute, elle n'avait pas su répondre à l'attente de son collègue et avait finalement replongé bien vite dans les ténèbres et puis maintenant, elle était là dans ce lit d'hôpital et sa mère lui disait qu'elle était en sécurité, non, il lui était vraiment trop difficile de croire que c'était la réalité, qu'elle était bel et bien aux États-Unis. Pourtant, si elle la regardait bien, elle avait en face d'elle une femme fatiguée – ça se voyait à des kilomètres à la ronde – qui ne ressemblait pas à la mère qu'elle connaissait, une preuve de plus qu'elle était bel et bien dans la réalité. Et pourtant :

- C'est impossible … vous nous avez laissé tomber, je dois être entrain de rêver … ça ne peut pas être autrement … vous nous avez abandonnés ... dit-elle alors qu'elle avait soulevé son masque pour réussir à parler, le reposant sur son visage juste après
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les étagères font badaboum quand toi et moi on fait boum boum boum
Boum boum boum En plus ça, ça fait toujours deux De plus de ça fait tout ce qu’on veut Toi plus moi ça fait boum boum boum Pas la peine d’aller cavaler Y a plus toi qui me fait voyager Voir les cocotiers de Touloum Quand toi et moi on fait boum boum boum Et tous les bourgeois du 16ème se demandent pourquoi je t'aime Pour n'avoir pas besoin d'un zoom quand toi et moi on fait boum boum boum S'aimer comme ça, c'est pas vulgaire
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MessageSujet: Re: Les bras d'une mère sont la meilleure protection face au monde mais aussi la plus rassurante • Jennyfer

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Les bras d'une mère sont la meilleure protection face au monde mais aussi la plus rassurante • Jennyfer

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